Trouble alimentaire pédiatrique

Les troubles alimentaires touchent les hommes bien plus fréquemment qu’on ne le croit. Ils restent pourtant largement invisibles — dans les statistiques, dans les services de soins, et souvent dans la conscience des hommes eux-mêmes. Comprendre pourquoi est la première étape pour changer quelque chose.

Le problème de la représentation

L’image culturelle du trouble alimentaire est presque exclusivement féminine : une jeune femme mince, blanche, adolescente. Cette représentation est tellement dominante qu’elle fonctionne comme un filtre — pour les médecins, pour les proches, et pour les hommes eux-mêmes. Un homme qui présente les mêmes comportements — restriction sévère, purge, hypercontrôle alimentaire — est moins susceptible d’être identifié, moins susceptible d’être orienté vers une prise en charge, et beaucoup moins susceptible de s’identifier lui-même comme ayant un trouble alimentaire.

Les conséquences de ce retard diagnostique sont réelles. Plus un trouble alimentaire dure sans traitement, plus il s’enracine. Chez les hommes, la durée moyenne entre l’apparition des symptômes et le début d’une prise en charge est significativement plus longue que chez les femmes.

Comment les troubles se présentent différemment

Les troubles alimentaires masculins ne ressemblent pas toujours à ce que les manuels décrivent. L’anorexie chez un homme peut être présentée — et vécue — comme de la discipline, de la rigueur sportive, du contrôle. La restriction peut être rationalisée comme un mode de vie sain. La dysmorphie corporelle — la perception déformée de son propre corps — prend souvent chez les hommes la forme d’une obsession pour la musculature plutôt que pour la minceur.

Ces différences de présentation font que les grilles diagnostiques standard, conçues principalement à partir de recherches sur des populations féminines, passent à côté de nombreux cas masculins.

Ce que le traitement doit prendre en compte

Un traitement efficace des troubles alimentaires masculins ne consiste pas à appliquer un protocole féminin à un corps masculin. Il doit tenir compte des spécificités — les pressions sociales différentes, la relation particulière à la performance et au corps, les obstacles spécifiques à la demande d’aide, et souvent les questions de honte et d’identité qui sont au cœur de la présentation masculine.

Le Dr Jacquet est le seul praticien en Europe à avoir mené une recherche doctorale spécifiquement sur les troubles alimentaires masculins. Il travaille avec des hommes présentant des troubles alimentaires à Londres — à Harley Street W1 — ainsi qu’en ligne. Les consultations se déroulent en anglais et en français.